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Le bassin des haors, au nord-est du Bangladesh, dans la région
de Sylhet, est constitué d'une mosaïque de cuvettes - environ
6000 - connectés les uns aux autres par une multitude de rivières
affluentes du fleuve Meghna. Ce bassin d'inondation dont le niveau
se serait progressivement affaissé de 9 à 12 mètres depuis le
tremblement de terre de 1792 comprend deux zones
particulièrement basses, autour des haors de Kaliajuri au centre
de Tangua, aux pieds du plateau de Meghalaya (nord-est de l'Inde).
Pendant la mousson, ces dépressions se remplissent d'eau de
pluie, formant une seule et large mer d'eau douce. Les villages
installés sur les levées naturelles de terrain ou des monticules
artificiels deviennent alors, six mois durant, des confettis de terre,
cernés par l'eau et reliés au monde extérieur par le seul bateau.
Mais la colonisation par l'homme s'est accélérée depuis le début
de ce siècle, conduisant à une large déforestation et à de violents
conflits pour le contrôle des droits de pêche. Les communautés
villageoises locales ont été progressivement privées de l'accès
traditionnel à la pêche de subsistance. A ce détournement des
ressources de la pêche au profit d'hommes d'affaires et de leurs
milices, s'ajoute la diminution des autres ressources naturelles sous
la pression de la croissance démographique. Autrefois bucoliques, les
villages des haors ressemblent de plus en plus souvent à des
bidonvilles insulairesn où la pauvreté se dispute à la surpopulation.
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