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Iles de la Baie du Bengale,
dans l'oeil du cyclone
Baie du Bengale

A l'embouchure du fleuve Meghna, s'avancent dans la Baie du Bengale les larges îles de Bhola, d'Hatia, de Sandwip et leurs chars annexes plus récemment émergés (Gazaria, Kukri-Mukri, Patila, Dhal, Nizam, Nijumdwip, Urir...). Cette nouvelle frontière, qui progresse dans la mer grâce à l'apport sédimentaire du delta, est un eldorado pour les sans terres de la frange littorale du Bangladesh.

"Je peux manger ici en une année plus de poisson qu'en toute ma vie sur la terre ferme" me confiait un habitant de Dhal char. "L'air est sain. Il y a de la place pour élever le bétail. Un litre de lait ne coûte qu'un franc. Mis à part les cyclones, la vie est douce sur les chars". Douce mais aussi violente. Faute d'une politique gouvernementale de distribution des terres, c'est la loi du plus fort qui souvent régit ce quot;Far East" bangladais. Autour de Ramgati et de Noakhali, les "joydars", ces grands propriétaires terriens, font régner la terreur et la piraterie par le biais d'hommes de main, les "lathyals". En d'autres lieux comme Urir ou Nijumdwip, les sans-terres subissent les exactions du très corrumpu Ministère des forêts. Mais la menace des jotdars et des gardes forestiers n'est rien en comparaison de celle des raz-de-marée.

Entre 1960 et 1992, pas moins de douze cyclones formés dans la Baie du Bengale ont ravagé ces îles au raz de l'eau. Les plus tragiques ont eu lieu en 1970 et en avril 1991, causant respectivement 300 000 et 138 000 morts. Grâce à l'aide de la communauté internationale, de nombreux abris anti-cycloniques ont cependant été construits et laissent présager des bilans moins lourds lors des prochains cyclones.