Mohamad Ali, Kunderpara char, Gaibandha district


J'ai environ 65 ans. Je suis né sur la terre ferme, sur la rive droite de la Jamuna. Ma famille était riche. Nous avions 100 hectares de terre, 250 buffles, un fusil sous licence. Toute notre terre a été érodée il y a trente ans, en moins de quatre ans.

Aujourd'hui, je cultive moins de la moitié d'un hectare qui ne m'appartient pas. J'élève deux vaches dont je vends le lait. J'ai emprunté cette année 150 francs pour cultiver du riz, mais la crue a détruit la récolte. Je suis endetté. Mon fils adoptif nous a quittés à l'âge de douze ans. Il nous reprochait notre pauvreté. Il s'est récemment arrêté sur le char mais il n'est pas venu nous rendre visite.

Personne ne visite les pauvres. Pas même leur famille.

Mohamad Ali