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L'ensemble de l'exposition s'articule autour de séries de tirages
de grand format présentant les visages, en plans très serrés, de
doyens, parfois centenaires, ayant passé leurs vies entières dans
ces franges inconnues du delta. Véritables survivants dans un pays
où l'espérance de vie plafonne à 53 ans, ces aînés sont surtout
les dépositaires d'une mémoire. D'autant plus précieuse que leur
environnement est sans contours durables.
Les stigmates de ces visages offrent au visiteur une cartographie
émotionnelle de ces franges. Ils livrent la boussole de visages,
de noms, d'expériences : autant de points d'introductions à une
réalité complexe et passionnante. Ainsi, les populations soumises
aux calamités naturelles cessent d'être ces quantités purement
statistiques dont les médias nous relatent sporadiquement les
épreuves. Parce qu'ils nous requièrent d'abord en tant que visages,
ces doyens nous ouvrent à la signifiance. Ils nous guident dans
leur environnement, évoqué par des images éparses de paysages,
d'objets, de matières.
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